Le crowdfunding à Nantes : tops, flops et tendances

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Les Nantais sont de vrais adeptes du financement participatif. Les projets fleurissent sur les différentes plate-formes. Entre espoirs déchus et belles surprises, quelles réalités financières ?

Des tops et beaucoup de flops. Dans le domaine du crowdfunding, les belles histoires sont souvent montrées en exemple. Les rendez-vous manqués, un peu moins. Sur la plate-forme Kickstarter, sur une vingtaine de projets proposés par des Nantais, quatorze n’ont pas réussi à boucler leur financement. Parmi les plus belles gamelles toutes plate-formes confondues : l’appel des supporters du FC Nantes désireux de rembourser une amende de 25 000 euros… mais seulement 300 euros récoltés. Un vieux remorqueur destiné à se transformer en gîte urbain : 190 euros récoltés sur 30 000 euros. Sans oublier ce projet de réalisation de cadres photos auto-éclairés » : 0 euros sur 2 200 euros. Entre tenter sa chance et tirer le gros lot, la marge est grande.

300 € pour les supporters du FC Nantes… qui en espéraient 30 000.

Nantes. Des projets souvent inférieurs à 3 000

Cube connecté, jeu de société, laiterie nouvelle génération, pince à vélo… Les Nantais ont des idées et prennent goût au financement participatif qu’il s’agisse de : dons, prêts, financement sans contreparties financières ou alors de prise de participations. Depuis 2011, sur la plateforme Ulule, environ 200 initiatives nantaises ont tenté leur chance. 75 % des projets demeurent modestes avec un montant inférieur à 3 000 euros. Plus qu’un financement salvateur, ce système permet donc un amorçage, de tester également le marché et enfin de s’offrir une opération de communication à moindre frais. Parmi les champions nantais, le nom du jeune Guillaume Rolland et de son réveil olfactif le Sensorwake est souvent cité. Son invention a totalisé près de 200 000 euros de financement et 1 500 préventes.

Sur 200 projets, 75 % sont inférieurs à 3 000 euros.


SensorWake, le réveil olfactif qui a séduit Google par FranceLiveTV

MyNewStartup : 1,4 M€ pour deux projets

Les entreprises déjà florissantes peuvent elles aussi s’appuyer sur le crowdfunding pour financer le lancement d’un nouveau produit ou attaquer un nouveau marché. La plateforme nantaise MyNewStartup donne la possibilité à ses membres (environ 8 000) de soutenir financièrement des PME en amorçage ou en développement (de 0 à 5 ans d’existence). Achat par anticipation, investissement au capital ou mélange des deux sont proposés. On y évoque : défiscalisation Plan d’Epargne en Actions – Impôt sur le Revenu – ISF. Un univers qui n’a rien à voir avec le romantisme d’un projet loufoque déposé sur Ulule ou Kickstarter.

Sept projets ont été déposés sur MyNewStartup. Deux ont été financés pour un montant de 1,4 M€. La laiterie nouvelle génération « En Direct des Eleveurs » a ainsi levé 1 M€ (regroupement de neuf exploitations laitières des Pays de la Loire et du Poitou-Charentes souhaitant réinventer leur modèle économique).  De son côté, Tracers Technology (85) a levé 400 000 €.  Avec MyNewStartup, les investisseurs peuvent devenir actionnaires ou prêteurs de l’entreprise soutenue.

1 M € pour un regroupement de neuf exploitations laitières.

Busybee, Humaid, WedoGood : des plateformes d’un nouveau genre

Le plus petit chargeur solaire au monde, un jeu de fléchettes connecté, un robot programmable pour enfants, un mug de voyage qui moud le café et chauffe le thé… La plateforme nantaise Busybee, créée par et Vincent Alvo, aide les inventeurs d’objets à concrétiser leurs idées. Sa rémunération s’effectue, essentiellement, sur la vente des objets. La marketplace Busybee permet également de proposer des produits en vente et prévente. Une commission de 15% est alors retenue sur les ventes en provenance de Busybee.io.


Une plate-forme pour inventeurs en herbe par FranceLiveTV

 

Le crowdfunding peut également aider au financement solidaireHumaid est une plateforme dédiée au soutien de personnes en situation de fragilité pour leur permettre de financer un projet lié à la à la santé, au logement ou à l’accès à la formation. Quatre projets ont ainsi été portés : une voiture d’occasion pour favoriser la reprise d’un travail suite à une maladie (2800 euros), une thérapie pour un jeune garçon atteint d’une maladie neurologique (3200 euros), un logement pour Aliou (635 euros), les frais de scolarité de Simon (4290 euros)… Humaid s’engage à ce que l’argent soit utilisé exclusivement pour le projet annoncé au départ. Les dons sont versés directement à un prestataire, qui va réaliser la prestation afin d’assurer la bonne utilisation des dons. Humaid annonce travailler main dans la main avec des structures associatives et publiques

La plateforme WEDOGOOD propose quant à elle un nouveau mode de financement, celui de l’investissement en royalties. Grâce à ce système, les particuliers peuvent investir sur un projet et, si ce projet porte ses fruits, recevoir chaque trimestre une part des revenus. En échange d’un financement, le porteur de projet reverse tous les trois mois un pourcentage de son chiffre d’affaires à ces investisseurs de la première heure pendant 3 à 5 ans. La collecte et la répartition des royalties est gérée automatiquement par la plateforme. Le porteur de projet conserve 100 % de son capital

Le nouvel ami des banques ?

Le financement participatif est-il le nouvel ami ou ennemi des banques ? La Banque Populaire Atlantique a tranché et créé une filiale, Proximéa : la première plateforme régionale de financement participatif en capital dédiée aux entrepreneurs de Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Vendée, Morbihan et Finistère. Cette plateforme doit permettre à des projets prometteurs de start-up ou de jeunes PME industrielles d’engager des levées de fonds de 150 000 à 1 million d’euros. Grâce à Proximéa, la start-up 10-Vins a levé 850.000 euros en juin 2015. La plateforme a également levé 970.000 euros pour un projet de quatre éoliennes. 

Le crowdfunding au chevet des collectivités ?

Dans l’ère du temps, le crowdfunding a même réussi à se faire une place au coeur des élections régionales. Lors de sa campagne, Bruno Retailleau (élu président de région des Pays de la Loire) avait annoncé sa volonté de lancer « une grande action de crowdfunding culturel dédié au patrimoine local des Pays de la Loire. La Région proposera aux habitants qui le souhaitent de participer, même pour des montants très modestes, aux initiatives proposées par les associations de sauvegarde. En échange, la Région accordera pour chaque projet une aide financière en fonction des sommes récoltées ».

Les CCI entrent elles-aussi dans la partie. La plate-forme de financement participatif Kiosk to Invest, un accélérateur pour la levée de fonds en capital, est en cours de déploiement dans le réseau consulaire. La CCI de Rennes a déjà sauté le pas.

Pour Arnaud Burgot, le directeur d’Ulule, les collectivités pourraient intégrer le financement participatif dans leur stratégie « une partie des subventions pourraient par exemple ne plus être attribuées sur décision des élus, mais plutôt en fonction du plébiscite réel des citoyens observé grâce à une campagne de financement participatif réussie. »

Quelques exemples de projets nantais

My New Start-up

Simply Move : collecte en temps réel des données des personnes qui vont déménager (250 000 euros)

Croc Up : pour consommer un hamburger sans se tâcher (100 000 euros)

EvHome : sèche-serviettes haut de gamme (310 000 euros)

KickStarter

Hector : le cube connecté (12 667 euros)

GoLeaks : plateforme qui met en relation sources et journalistes de manière anonyme (6 500 euros)

Monkeywi : cache-webcam ultra fin protège votre vie privée (3 900 euros)

Ulule

Panorama : création d’une maison d’édition (9 000 euros)

Les Brassés : Microbrasserie à Nantes (10 000 euros)

D-Vine : Le vin au verre chez vous comme au restaurant (40 000 euros)


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Il y a 3 commentaires

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  1. Michel Nizon

    Le succès d’une campagne de Crowdfunding ne se mesure qu’à 50% avec l’atteinte ou le dépassement de l’Ojectif Financier Minimum.
    L’autre 50%, c’est la capacité du ou des créateurs de la campagne de #crowdfunding à tenir leurs promesses et là il y a plus de mauvaises surprises qu’on ne le croit généralement…
    Concernant seulement Kickstarter, sur les 100 000 campagnes de Crowdfunding financées, entre 5 000 et 14 000 campagnes n’ont pas livré ou ne livreront pas les récompenses promises.


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