Île-de-France. Éric Coquerel (Parti de gauche) : « Faire de la région Île-de-France un bouclier social contre la politique d’austérité du gouvernement. »

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À Paris, les élections régionales vont avoir un goût de match retour entre la gauche et la droite, après les municipales de l’an dernier qui ont vu la capitale rester aux mains du PS. Face à deux « poids lourds médiatiques, Claude Bartolone et Valérie Pécresse, Éric Coquerel (Parti de gauche) a décidé de faire liste commune « Nos vies d’abord » avec Pierre Laurent (PCF) et Clémentine Autain (Ensemble).

Priorités. Si vous êtes élue, quelle sera la mesure prioritaire de votre mandat ?

La mesure prioritaire serait financière. Il s’agit en effet de concrètement faire de la région Île-de-France un bouclier social contre la politique d’austérité du gouvernement. Il faut donc refuser celle-ci à la tête d’une région à la fois très riche et très inégalitaire : d’où une action en justice contre l’Etat pour exiger les 1,7 milliard d’euros correspondant aux transferts de compétences non payés. Lié avec un recours bien plus important à l’emprunt (la région a largement les capacités d’emprunter beaucoup plus qu’elle ne le fait aujourd’hui) ce serait un signal fort de rupture.

Faire de la région Île-de-France un bouclier social contre la politique d’austérité du gouvernement.

Investissements. Dans quels domaines consentirez-vous à investir en priorité ?

Le transport en commun. C’est une des compétences décisives de la région. Pour des raisons à la fois sociales et écologiques, il faut permettre aux franciliens de se déplacer dans de meilleures conditions qu’aujourd’hui d’où la priorité donnée aux transport du quotidien : doublement du rer B, argent dans le plan de modernisation des lignes existantes et notamment en assurant des connexions entre les départements (en améliorant la fréquence et la ponctualité), priorité donné au métro reliant le 94 au 93 (en permettant la gratuité des transports pour les jeunes, chômeurs, défavorisés, retraité-e-gagnant moins du SMIC, en assurant une présence humaine dans les gares et métro soit plus de 10000 emplois ce qui permettra également une plus grande sécurité). Le transport en commun cest aussi le fret ferroviaire et fluvial quil faut développer par rapport au tout camion.

La gratuité des transports pour les jeunes, chômeurs, défavorisés, retraité-e-gagnant moins du SMIC. 

Economies. A l’inverse, quelles seront les deux principales réductions de dépenses que vous souhaitez mettre en place ?

Plus aucune aide financière pour les villes ne respectant pas la loi SRU et pour les lycées privés.

Aides aux entreprises. Les Régions disposent désormais de la compétence exclusive des aides aux entreprises. Dans ce domaine quelle sera votre action prioritaire ?

Il faut arrêter d’aider les entreprises et même de passer des marchés publics sans critères. Nous établirons donc une critérisation importante : égalité salariale entre les hommes et les femmes, lutte contre la précarité en privilégiant le CDI, critères écologiques, relocalisation près des lieux de vie…

Attractivité. Dans ce nouvel échiquier des régions, quel est (ou quels sont) votre concurrent direct sur le plan de l’attractivité économique ?

Nous refusons ce modèle de mise en concurrence et compétitivité des régions accélérée par l’acte 3 de la décentralisation. C’est contraire pour nous à une république une et indivisible assurant une égalité de droits et de conditions sur tout le territoire de la République. Le moteur de l’aménagement du territoire doit redevenir l’égalité et non pas la mise en concurrence.

Numérique. Toutes les régions veulent devenir des Silicon Valley françaises. Quels sont/seront les arguments de votre région dans ce domaine ?

Je ne suis pas sûr que toutes les régions veulent devenir ce que vous dites. Il y a d’autres atouts dans le développement des activités que le modèle « silicon valley ». Par exemple celui d’une réelle transition écologique mettant en valeur les énergies renouvelables. Les arguments numériques sont souvent liés à la place de la région dans l’urbanisation accélérée du pays et de ce point de vue l’Île-de-France n’est évidemment pas désavantagée. Travaillons au moins à ce que dans l’Île-de-France il n’y ait pas de fracture numérique comme c’est encore les cas pour certains départements de la grande couronne.

Personnalité politique. Quelle est la personnalité politique (vivante ou décédée) dont vous vous sentez le plus proche ?

Jean-Luc Mélenchon aujourd’hui, Jean Jaurès dans le passé.

Ennemi. Quel est votre meilleur ennemi politique ?

Marine Le Pen mais le mot « meilleur » est de trop pour elle. Nous sommes à l’opposé : elle propose une nation basée sur le repli identitaire et ethnique, je suis républicain.

Voyage, voyage. Pour vous, “rendez­-vous en terre inconnue” en version politique, ce serait quelle destination ?

La Tunisie pour sa révolution citoyenne par la constituante et parce que c’est aujourd’hui le pays le plus ciblé par le terrorisme fondamentaliste.

Artiste. Pour quel artiste de votre région avez-­vous un coup de cœur ?

Là encore je ne peux que répondre « pour le moment » sinon ils seraient trop nombreux. En ce moment, un écrivain, Simon Liberati auteur de « Eva ». Je lui donne tout de suite le Goncourt. Il y a du Ndaja de Breton dans cette Eva là.

Sport. Quel est votre sport favori ?

Voile sur l’eau, rugby à terre.

Gastronomie. Quelle est votre formule régionale “entrée/plat/dessert” préférée ?

L’Île-de-France épouse toutes les cuisines du monde et c’est bien. Cela dépend de saisons. En ce moment : filet de hareng aux pommes de terre, entrecôte saignante, Panacotta… 

 

Dossier Régionales 2015 :

Chaque jour, découvrez les candidats tête de listes aux prochaines élections régionales qui se dérouleront les 6 et 13 décembre prochains.


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